Culture | Cambrésis
6 mai 2025

Constance, aux petits soins des œuvres du musée Henri-Matisse

Constance Dumont est régisseuse des œuvres au musée départemental Henri-Matisse du Cateau-Cambrésis. Elle bichonne les trésors du musée, ceux qui y sont exposés, ceux qui partent en prêt à l'autre bout du monde et ceux qui lui sont temporairement confiés. Rencontre.

En quoi consiste votre métier ?

Constance Dumont : Le ou la régisseur(se) des œuvres est constamment aux petits soins pour les œuvres ! Ce sont un peu nos bébés. On les suit dans tout leur parcours dans le musée mais aussi dans leurs voyages en France ou à l’étranger, lors de prêts entre musées. C’est un travail qui nécessite de grandes capacités d’anticipation, de réactivité, d’organisation, d’adaptation et de gestion du stress.

Le régisseur garantit à tout moment la sécurité des objets (toiles, sculptures…). Nous sommes en charge des aspects techniques et logistiques de la conservation des œuvres. Nous surveillons l’environnement afin de limiter les risques climatiques ou physiques; nous planifions, organisons et supervisons chaque mouvement lié à la collection (exposition, prêt, acquisition, restauration, transport, emballage, stockage en réserves). Nous gérons aussi tous les aspects légaux de la collection : formulaires d’acquisitions, contrats de prêts, d’assurance, et de dépôts, ainsi que le budget.

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

C.D. : Je voulais travailler au contact des œuvres sans être directement face au public. J’aime l’aspect polyvalent du métier : aucune journée ne se ressemble ! Et puis les échanges avec les autres métiers autour de la régie d’œuvres sont très enrichissants : transporteurs, restaurateurs, socleurs, photographes… un tas de compétences gravitent autour des œuvres. Et toutes ces personnes sont autant de parcours de vie et de carrière fascinants au service de la collection et du public.

Depuis la réouverture du musée en novembre dernier, j’ai pu ritualiser plus sereinement mes journées : je commence généralement par faire le tour des salles avant l’ouverture au public pour vérifier que tout va bien et dépoussiérer les sculptures. J’essaye de descendre faire le tour des réserves au moins une fois par jour aussi. Après c’est assez classique, répondre aux mails, assister aux réunions de service, mettre à jour la base de données des collections... Les mardis sont plus physiques car je profite de la fermeture au public pour organiser les déplacements d’œuvres.

Comment devient-on régisseur d’œuvres ?

C.D. : Il existe des masters spécialisés à Arras, Amiens, Paris... Un bagage en histoire de l’art me parait aussi indispensable pour connaitre les œuvres et leurs spécificités.

Pour ma part, j’ai étudié l’histoire de l’art à l’École du Louvre et obtenu un Master recherche à l’École Pratique des Hautes Etudes, à Paris. Après mon diplôme, je n’étais pas certaine du métier que je voulais faire. En 2019-2020, j’ai participé au chantier de réouverture du musée du Vin de Champagne et d’archéologie régionale à Épernay. En 2021, Lili Perre, ancienne régisseuse, et Sophie Le Flamanc, directrice-adjointe, m’ont offert la possibilité de faire mes preuves en secondant Lili au musée Henri-Matisse.

Crédits photo : Philippe Houzé

  • Martine ARLABOSSE
    Conseillère départementale - Vice-présidente en charge de la Culture et de la communication institutionnelle
  • Musée Matisse Le Cateau-Cambrésis
    Musée Matisse Le Cateau-Cambrésis

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